2022 07 20 Terre des Dieux (Terra Di i Dii)

Publié le 8 Août 2022

Le lien vers le récit sur Kikourou

Terra Di i Dii


Difficile de faire un compte rendu sur cette course…

Tellement, tellement de choses à dire …

 

Après la Swiss Peaks de l’an dernier, je ne pensais pas me reprendre une telle claque !
Une telle claque d’intensité, de densité, de difficultés, et surtout d’émotions !

 

La première chose vraiment la plus importante à dire, est l’accueil, l’accompagnement, l’ambiance, la chaleur, la sensibilité, la sincérité, la BIENVEILLANCE de tout le staff qui nous a permis de vivre cette aventure.

A moi, coureur, mais aussi, et surtout, à ma femme et ma fille qui m’ont accompagné tout le long.

Je « fête » cette année ma 20eme année de pratique d’Ultra et j’ai ma petite expérience de courses et dossards… Et bien je n’avais jamais encore vu et surtout vécu un tel partage, une telle soif d’échange, une telle entente, un tel sentiment d’appartenir à une communauté … Et ça avec l’intégralité de tous les bénévoles, le staff et la direction de course.

 

La deuxième chose à dire, est ô combien le terrain est hyper technique, dur, âpre, magnifique, compliqué, envoutant, soutenu.

Et malgré deux GR20 déjà réalisés (un en mode rando en 2000, l’autre en mode trail sur 5j en 2010), j’ai été de nouveau impressionné de la technicité du terrain.
Ou alors c’est le temps qui avait bien fait les choses et qui avait bien adouci mes souvenirs.
Je me souvenais que ça avait été dur et dense, mais plus à ce point !
Et je me le suis bien pris dans les dents !

Et puis surtout l’enchaînement de l’intégralité du GR20 est d’une densité folle, un maelström de difficulté, et heureusement un spectacle dément.

Aperçu de ce que l'on a vu et vécu sur la Terre des Dieux
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Photos Maï Gandolfi Cazes - Maieventprod pour Terre des Dieux
Pour toutes les photos estampillées Terre des Dieux

Difficile de faire un compte rendu sur cette course…
Peut-être parce que très vite, elle a perdu pour moi son caractère de course et de dossard, pour devenir, encore plus que les autres Ultra, un voyage, une traversée, une odyssée personnelle.

 

Dimanche 17 juillet, on débarque à l’Ile Rousse. Avec une nuit blanche dans les bagages.
Le covid a changé nos plans de voyage, et nous a sucré notre étape intermédiaire pour se rendre à Toulon. Du coup, on a roulé toute la nuit.

2 jours pour s’acclimater au climat corse.

Mardi 19 juillet, récupération du dossard à Calenzana. Premier contact avec la Terre des Dieux.

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Je passe l’aprem à préparer mes sacs.

Mercredi, j’essaie de dormir un max. Puis dernier préparatif, repas, chargement de la voiture et on quitte notre appartement.

On se pose en terrasse d’un bar proche du départ. On va finalement passer l’après-midi-là.
Petit à petit la terrasse va se charger de coureurs. Rencontre super sympa avec un concurrent belge et toute sa famille. Sur notre droite, un coureur de Menthon avec qui je ferais quelques pas entre Ortu di Piorbu et Carrozzu, et que l’on recroisera à Bonifacio avec toute sa famille la semaine d’après. En bout de terrasse, un coureur corse avec qui je vais faire un bon bout de chassé-croisé entre Carrozzu et Manganu.  Et aussi Philippe que je vais souvent croiser entre Verghju et Prati avant qu’il ne s’envole.

16H00 je mange mon mini sandwich… Mais j’ai le ventre un peu gonflé et je me sens ballonné. Pas top.
17H00, massage, enfilage des baskets, Tshirt, remplissage des flaks…

17H30 on monte au départ.

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Recherche d’un peu d’ombre, hydratation. Je salue Damien rencontré l’an dernier sur la Swiss Peaks. Ce sera d’ailleurs la seule fois où l’on se verra puisqu’il bouclera le parcours à un belle 7eme place ! L’heure approche. Appel des coureurs. Je reste à l’ombre et plutôt en fond de peloton.

Bisous à Céline et Lola. Leur long marathon va également commencer. En attendant elles vont se poster juste après le départ.

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18H00 c’est parti ! Je suis dans le dernier tiers.

Objectif : ne rien donner sur cette première montée. S’en méfier. Rester en dedans. Ne pas subir la chaleur. Guetter le moindre signe d’emballement et de surchauffe.

20m, derniers bisous à Céline et Lola. Rendez-vous à Vergio !

J’arrive à prendre rapidement mon rythme. Un peu dur de résister à l’envie d’en donner un peu plus pour éviter de voir la fin du peloton juste derrière.
Mais ce n’est rien. Je le sais.

Je sais qu’il s’agit, et plus que jamais avec les températures que l’on a et que l’on va avoir, d’une course où l’important est de rester « vivant » le plus longtemps possible. Et donc idéalement jusqu’au bout.
Rien d‘autres.
S’occuper de soi, de sa course, ne pas s’occuper de celles des autres. Et avancer.

Au bout de 1H-1H30, je sens que je suis un peu plus dans le trafic. Les places sont un peu plus stabilisées, je commence sur mon rythme à remonter quelques coureurs.

Je double une coureuse qui avait mangé à la même pizzeria en face nous mardi soir.

Petit échange avec 2 corses derrière moi qui connaissent le sentier comme leur poche. Le jeune est de Calenzana, ça doit aider ! Il m’interroge si je compte faire la course sans bâton. Non, non mes bâtons sont rangés dans mon sac, mais comme d’hab je les sortirais plus tard, pour ne pas m’énerver au départ à appuyer comme un malade avec !

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Premières lumières du soir.

Passage d’un premier « col », le terrain se densifie.

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Passage à Ortu di Piorbu. Seul ravito éclair. Bénévoles aux petits soins, remplissage des flasks, encouragements.

Ça repart. Par contre le bide moyen. Toujours ballonné. Je n’arrive pas à manger quoi que ce soit pour l’instant.
Du coup j’essaie d’être hyper vigilant sur l’hydratation.

 

Le jour est en train de tomber. Je chemine en discutant avec le gars de Menthon. On est dans une partie bien chamoteuse. Premier éveil de vigilance pour suivre les traces du GR. Ça ne va pas être une détail cette histoire de suivre les traces rouge et blanche du GR en pleine nuit !

J’allume la frontale. Et j’ai dû sortir les bâtons.

La température a baissé. A part le bide, et un manque d’apport d’énergie que je sens roder au fond de moi, le moment est vraiment bon.

Je reviens sur le corse repéré sur la terrasse du bar cet après-midi. Buriné, sûr, une fois revenu sur lui, il lâche son compère et enclenche un rythme idéal. Je me mets dans son sillage. Je perds là du coup le gars de Menthon.

Passage à Carrozu. Premier ravito où je me pose. J’y suis avec le Corse qui connaitra à chaque ravito au moins une personne. L’accueil est chaleureux, hyper-disponibilité. Est-ce possible d’avoir un thé ? Oui bien sûr ! Du sucre pour mettre dans les flasks ? Oui bien sûr également !

J’essaie une tranche de charcuterie. Estomac pas encore vraiment prêt.

Une tasse d’eau pétillante pour repartir et en avant !

Je passe après la passerelle de Spasimata un gars qui n’as pas trop le moral. Covid chopé il y a 10, 15j. Le souffle court.
J’essaie de l’encourager, en lui insufflant que tant qu’il est en mouvement, il reste en course.

Je continue à mon rythme, pas énormissime mais régulier !

Je finis par être rattraper par le Corse. Je me cale naturellement de nouveau dans son sillage. Je laisse bien sûr passer les soubresauts inhérents au rythme de chacun, mais profite bien de son analyse du terrain, des trajectoires… Du coup on file un train sympa.

Je ne sais pas si on ne « croise » pas l’autre Philippe, dans une direction mal négocié à un moment donné.

On finit par passer Bocca di Muvrella, puis Bocca di Stagnu. Purée 24 km, 1964 m de D+ en 7h28 !!!!

C’est hallucinant. Prendre son mal en patience ! Ne rien donner… Enfin presque rien ! Je les ai quand même bien senti passer ces 24 km !

C’est la bascule vers Asco. Je laisse filer le Corse. Et me concentre sur ma descente.

Denier virages j’entends les applaudissements accueillir mon Corse. Puis c’est mon tour d’arriver.

Je croise la famille belge. Apparemment dur pour leur coureur (qui s’arrêtera au final ici).

Accueil aux petits oignons. Des pattes bolo ? Oui, svp, mais il n’y aurait pas de la soupe ?
Si, mais il faut que vous alliez à l’hôtel à 50 m !
Ok, je file à l’hôtel.
On me sert une super soupe aux légumes, bien poivré. Idéal pour m’ouvrir l’estomac. Mes flasks sont remplies dans la foulée.
Le papa belge vient discuter deux, trois minutes avec moi. Me demander si je n’ai besoin de rien. Trop sympa !

Allez faut y retourner, passage au ravito principal boire un peu, encouragement des bénévoles et de la famille belge et je repars.

Une à deux bornes après le départ je péclote un coup avec les marques du GR en faisant carrément un tour complet sur moi-même sans m’en rendre compte !

Puis on attaque le dur. C’est la montée sous le Cinto, direction la Pointe des Eboulis.

Je suis dans mon rythme. Pas très rapide mais que j’essaie de maintenir régulier.

Je vois des frontales devant moi au loin, et derrière moi au loin également, mais dont 2 (si je me souviens bien) vont me rattraper et me doubler (dont le Corse du début).

Là, dans cette ascension, je paie, je morfle, j’en bave. Je n’ai plus rien dans le sac, énergie zéro. Le moment est vraiment dur, compliqué. Je suis scotché.
Je suis mal. L’impression physique est franchement désagréable.
Je suis dans le dur comme rarement.
Ça ne va pas du tout.

Et pourtant, je ne laisse aucune noirceur pénétrer mon cerveau.
Je sais qu’il sera impossible de continuer jusqu’au bout dans cet état-là, avec cette énergie-là.
Mais rien n’éclate dans ma tête. Il y a Céline et Lola à rejoindre à Vergio. Point.
J’effleure mentalement qu’il faut juste continuer., que je sais que ça va , que ça peut revenir.
Mais mon esprit est surtout vide, se vide.
Juste continuer à rester en mouvement, continuer l’ascension.
Ne rien laisser se déconstruire.
Juste moi, mon sac, mes pas, mes bâtons, le chemin.
Juste laisser passer l’orage.
Juste continuer.

Passage à l’épaule sous la Pointe des Eboulis.
En regardant le parcours, je m’étais dit que c’était dommage qu’on ne monte pas au Cinto en A/R, comme cela se fait à la Belle Etoile à l’Echappée Belle.
A ce moment-là, je ne le regrette plus du tout. Je ne m’imagine même pas devoir grimper ces 200 m et quelques de D+ !!!

La descente se présente à moi, c’est toujours tellement technique ! Je suis tellement mal !
le jour se lève
Et je choppe froid.
Je sors la veste. C’est bien malgré tout, je reste encore relativement lucide !

Passage à Bocca Crucetta. La descente s’enchaîne. Et petit et petit, avec la lumière du jour, je reprends un peu d’énergie. Les jambes se délient aussi petit à petit dans la descente. La tête recommence à émettre. Et les signaux repartent sur du positif.

Au bout d’un moment, je repère le Corse devant moi. Cela fait du bien de voir que malgré tout je suis resté au contact, que j’ai continué à avancer vaille que vaille.

Je constate aussi que je ne peux plus être si relâché sur l’alimentation. A partir de maintenant, je ne peux plus me laisser le choix. Il va me falloir manger. Je sens que ça ne sert à rien de me forcer à manger en courant entre les ravitos, ça ne passe pas et je n’ai pas envie. Mais par contre il faut que j’arrive à prendre du solide à chaque ravito.

D’ailleurs, après avoir croisé mes premiers randonneurs qui en partent, j’arrive à Tighjettu.

Se poser. Manger.
Et merveille, c’est le seul ravito où il y aura des pates !
Le Corse est là, et connaît bien sûr les deux bénévoles. Je lui dis que de toute façon, j’ai beau partir devant, il me revient dessus à chaque fois.
Un thé aussi. Je pense aussi un des rares coca de la course. De l’eau minérale.
Allez je repars alors que le Corse prend un café.

Le terrain est un peu plus calme. Ça fait du bien. Trottiner un peu.

Obliger de m’arrêter pour une pause technique. Bonne nouvelle, le bide se délie enfin.

Passage aux bergeries de Ballone… Pas le meilleur souvenir de notre trip en 5j il y a 12 ans au vu de l’accueil qu’on y avait reçu.

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Cheminement, puis attaque de l’ascension vers le refuge de Ciuttulu di Mori.

Le soleil est bien installé et commence à taper dur. Je repère le Corse devant moi, mais comme d’hab, je ne m’occupe que de mon rythme.

Je suis dans un flux de randonneurs, et un ou deux avancent même trop fort pour moi !

Passage à Bocca di Fogialle, cheminement vers le refuge sous le Capu Tafunatu où j’ai un souvenir mitigé en rando il y a + de 20 ans avec mon papa. J’avais eu une impression de vide et je reste avec ce souvenir.

Ravito où je rejoins le Corse et Rémi que je croise pour la première fois à ce point il me semble. Toujours bien accueilli, ça discute bien.

L’étape qui suit se présente comme un peu plus apaisé. Je file le long du Golo, c’est bien sur magnifique. Pas le temps comme il y a 12 ans avec Alex de piquer une tête !

Passage de la passerelle et c’est la remontée vers Verghju.

51 km (46 officiel),4715 mD+ 16H45 !

Petit bout de bitume. Céline et Lola sont là.
Mon dieu, que ces moment-là font du bien !!!!

Je rentre dans l’hôtel. Manger, me changer, massage de Céline, et repartir.
Dormir ? Non, pas maintenant, je n’y arriverais pas dans la petite euphorie d’une base vie.

Par contre Philippe présent à ce moment-là vante les bienfaits d’une douche. Céline me conseille d’y aller.
Bon OK.
Je file au sous-sol. Je n’ai ni serviette, ni savon. Juste un Tshirt propre. Pas grave, il fait tellement chaud. Je choppe du gel douche dans un flacon abandonné, me douche vite fait, et me rhabille direct.

Remontée pour manger un bout, je profite d’un massage de la voute plantaire par Céline. On en plaisante avec Rémi qui profite juste à côté de nous de son assistance.
Lola est à fond et s’occupe de gérer mes flasks.

Je prends en photo ma feuille de route préparée pour Céline, car j’ai perdu la mienne lors de mon arrêt à Tighjettu.

J’enfile le Tshirt de la Swiss Peaks. J’espère qu’il va me porter chance.

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Puis arrive le moment où il vaut mieux y retourner que trainer pour rien.
Immenses bisous à Céline et Lola, quelques mètres ensembles à la sortie, et je replonge sur le GR.

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Direction le lac de Nino.

Passage Bocca san Pedru. Un lieu qui me marque à chaque passage.

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Puis cheminement pour arriver au-dessus du lac.

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Je suis à la peine. La chaleur est là. Enorme. Rapidement, je comprends que mes 3 flasks ne sont pas suffisantes. Obliger de gérer un peu et me rationner… Pas l’idéal avec ses températures.
Je suis scotché au sentier. Impossible de trottiner. Le corps ne veut pas, ne peut pas ou me l’interdit.
Du coup la traversée le long du lac et tout le loooong cheminement derrière est interminable.

Et dire que j’ai en tête le bonheur d’avoir trottiner là avec Alex il y a 12 ans… et que je m’étais tellement projeté cette idée pour cette année également.

Mais c’est comme ça. Je reste en mouvement. L’esprit concentré uniquement sur ce point. Avancer. Rester en mouvement. Avancer calmement.

Peu avant, 2 jeunes filles que je croise m‘indique qu’on s’approche des bergeries de Vaccaghia et de leur source !
Je finis ma flask.
File à la fontaine. Boit quasi 1.0 l directement, et repart avec 0.5 l.
Looooongue traversée de nouveau avant d’arriver à Manganu.

Se poser sous le petit chapiteau. Mon Corse est de nouveau-là à discuter avec tout le monde. Un second corse, Pascal est également présent. Besoin de boire, se poser un peu après la belle fournaise vécu là. Rémi nous y rejoint également.

Puis repartir.

Le morceau qui nous attend est dantesque. Je prends mon rythme. Et pourtant je me sens légèrement mieux là, dans le caillou, à avancer à cette allure (qui chaleur ou pas, serait à peu près la mienne), que juste avant le long du lac de Nino à me trainer difficilement !

La montée à Bocca Alle Porte est un beau morceau. Mais celui-là je l’avais dans mes souvenirs. Donc quelque part il ne me fait (presque) rien.

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A ce col, c’est la dernière fois que je verrais en contre bas le Corse qui m’a « accompagné » depuis le début.

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Derrière par contre, je ne me rappelais pas la longueur de ce qui nous attendait.
C’est somptueux ! Mais je subis quand même énormément ! Et cela me semble long, j’ai l’impression de ne pas avancer !
Bocca a Saglia. Bocca Muzzella.
Je domine enfin le refuge de Petra Piana.
Je suis « obligé » de m’arrêter 5 minutes.
Ça a été hard depuis Verghju !
J’envoie quelques messages.
Le jour est en train de décliner. La descente va se faire à l’ombre.

Allez je descends.

Arrivée au ravito. L’accueil est comme toujours hyper chaleureux, agréable, bienveillant.
Avec quelque chose en plus ici.
J’y passe un super moment.
Je ri. Plaisante avec les bénévoles. Quel plaisir !
Et quel bienfait mental instantané !!!!
Rémi m’y rejoins de nouveau.
Je profite vraiment de ce moment !

Mais comme à chaque fois, il y a un moment où il est temps de repartir.

Et Vizzavona commence à effleurer les possibles …
Mais d’abord, une étape qui ne me fait pas très envie jusqu’au refuge de l’Onda.
Le souvenir lors de la rando avec mon père de faire un long détour par rapport à la variante existante plus directe.

Mais bon, on est sur le GR20 et ça ne sert à rien de se poser trop de questions à ce moment-là… Et puis le cheminement est rapidement bien plus doux par rapport à toute la caillasse traversée.

2 flasks. J’ai de nouveau été un peu juste.

Ce cheminement le long du Manganella est magnifique et agréable, ça donne envie d’y revenir en famille pour se baigner dans les vasques… mais qu’est-ce que c’est long !!!

Je finis par revenir sur Pascal.

C’est la tombée du jour pour de bon. On passe la passerelle de Tolla, et c’est la longue montée vers l’Onda.

La nuit tombe, je sors la frontale.

C’est long. Un peu sans fin pour moi à ce moment-là. Mais je me force à ne pas réfléchir, avancer sans se poser de questions.

On finit par avancer à deux.

Le refuge finit par se présenter. L’accueil est une nouvelle fois aux petits oignons. Manger suffisamment sans trop charger. Boire. Recharger les flasks, repartir en buvant une verre d’eau pétillante…

Replonger dans la nuit. Montée sur la crête. Puis avancer. Pascal m’a rejoint. On chemine un moment ensemble. Mais je commence à décliner. Je sens que j’ai besoin de fermer les yeux. Je cherche un coin. Avance. M’accroche. Dérive dans ma tête. Avance…

Bon je repère un mouvement de terrain entre 2 bosquets. Je dis à Pascal que je dois aller fermer les yeux.

J’enfile ma veste. Mets le téléphone à 10-15 minutes. M’allonge. Je sombre quasi immédiatement. Ce coup-là, je pense que c’est le téléphone qui me réveille.

Se lever instantanément. Ne pas se poser de questions. Et se remettre à avancer.

Je vois la frontale de Pascal devant.
Et une derrière que je suppose être celle de Rémi.

La pause m’a fait du bien quand même. Je reprends mon rythme. Mais je lutte beaucoup moins, et le fil est plus facile à tenir.

Passage Pointe Muratello. C’est la descente vers Vizzavona.

Une nouvelle fois mes souvenirs vont me trahir. A l’Onda, j’ai été bien prévenu que la descente est un sacré morceau.
J’ai le souvenir d’un truc long, mais sans plus.

Bon effectivement ça va être sans fin, et surtout un terrain une nouvelle fois sans temps mort et où chaque mètre se mérite !!!

Après le premier quart plus rocailleux (il me semble), on rentre dans une succession d’espace-temps identique. Où il faut franchir un passage de dalle rocheuse en pente, un goulet de pierres et racines, puis un chemin en forêt et recommencer, recommencer, recommencer…

C’est sans fin. Et explosant pour les jambes, les cuissots, les pieds…

Sur la fin j’ai rattrapé la frontale que j’avais devant moi, mais je ne reconnais pas Pascal (qui s’est changé entre temps).

L’arrivée sur Vizzaviona est plus calme. Longue, mais plus calme !

Malgré tout un sentiment d’avoir accompli une belle partie déjà ici. Le Nord est derrière nous. OK tout le monde dit qu’il ne faut pas sous-estimer le Sud, et je le sais bien, mais malgré tout : une belle chose de faite !!!

Après avoir un peu stressé en raison du balisage, qui devait nous amener jusqu’à la base vie, moins présent que ce que je pensais, je suis accueilli par Céline et Lola !

Il est 2H40 du matin, et elles sont là pour moi. C’est fou !

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Prendre le temps. Bien se recharger. Profiter.
1 – Massage avec la crème Noi du  partenaire de la course, et par son créateur – Super échange
2 – Manger
3 – Me changer
4 – Boire
5 - Passer aux toilettes
6 – Finalement dormir 15-20 minutes sur un lit de camp

Croiser Rémi.

Repartir.

Etre heureux d’être là. Etre heureux d’avoir le soutien de ma femme et ma fille. Etre heureux d’être vivant dans les éléments.

J’avance à mon rythme. Ne pas trop se poser de questions.

Le jour se lève. La chaleur arrive rapidement aussi.

Plus trop de souvenirs sur cette portion.

Je crois que je me fais lourdement attaqué par le sommeil sur cette portion. Dur.
Un premier coin me semble parfait, mais a été un peu trop canardé.
Un second au-dessus du GR va faire l’affaire. Je mets le réveil sur 1H00. Je sens un gros besoin. 40 min « suffiront ». Mais en redémarrant les pistons de la machine me semblent nettement mieux alignés !

Arrivée à Capanelle.

C’est rigolo de voir tout un groupe de randonneurs se préparer, et d’être soi-même sur la route depuis tellement de temps et légèrement hagard.

On prend bien entendu encore bien soin de moi. Mes flasks sont remplis, les niveaux sont refaits, la charcuterie est délicieuse !

Une portion sans grande difficulté pour rejoindre le col de Verde. Si ce n’est de maintenir une avancée. Garder le rythme, même si les kilomètres semblent toujours défiler aussi doucement.

Arrivée au Col de Verde accueilli de nouveau par Céline et Lola.

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Profiter du confort offert par les bénévoles.
Ça beau être une base de vie. Je n’ai pas trop envie de m’arrêter.
Le pacer de Philippe échange un peu avec moi pendant que son coureur dort un peu.
Je sens que je n’arriverais pas à dormir, je suis dans une phase où il vaut mieux continuer.
Lola me recharge mes flasks. J’enfile le Tshirt officiel (obligatoire à partir de Matalza). Mange un peu.
Le bide depuis Tighjettu ne me pose plus vraiment de problème. Je bois bien. Très peu de coca. Du sirop. De l’eau avec un sucre. Un peu d’eau pétillante. Et je mange uniquement sur les ravitos.

Quitter Lola et Céline, leur donner rendez-vous à la prochaine base de vie.

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Replonger sur le chemin. Dans la chaleur. Reprendre son rythme. Avancer sans se poser de questions.

2, 3 kilomètres après Verde, je me fais reprendre par Philippe et son pacer. Ils mènent un train d’enfer. C’est beau et fou à voir à ce moment-là de la course.
Moi je ne peux que filer à mon rythme, le laisser dérouler. Profiter de tous ces moments de solitude. Seul avec mon esprit, à la fois tellement vide, et tellement plein, concentrer sur un seul horizon, mais déconnecter de tout, éveiller comme jamais et à la fois en totale liberté.

Je me souviens de ce raidard avant Prati.

Voir pour la dernière fois Philippe et son pacer déjà en route lorsque j’arrive au ravito.

Etre accueilli avec humour et bienveillance. Grappiller ce qu’il me faut.

 

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Avoir ce sourire-là alors que la course dure depuis plus de 44H !

Avoir ce sourire-là alors que la course dure depuis plus de 44H !

Repartir en ne pas sachant que j’ai commis une erreur. Je n’ai que 3 flasks !
Sur le papier l’étape n’a rien d’alarmant 10.5 bornes, 661 m de D+, 718 de D-.
On n’est pas dans le Nord, mais ça reste le GR20 !
Il n’y aura pas de cadeau.

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La première partie se passe bien. J’avance bien à mon rythme, et m’hydrate bien.
La chaleur est très très forte. Puissante !
Je passe Punta della Cappella, Punta di Campitellu, puis Punta di Latoncellu. Et là je me rends compte que je suis cuit. J’ai les jambes qui flageolent légèrement !
Je me mets + ou – à l’ombre, sort les Haribos. Une flask est vide et je suis très, très loin d’en avoir fini !

Depuis là où je suis, je repère sur l’autre versant de la vallée où le sentier passe, une petite forêt.
Il faut que j’y arrive, et que je me pose un moment, quitte à faire une sieste.

J’y vais. Dans la descente, la chaleur, le vent chaud me lèche les jambes et me donnent l’impression de m’arracher littéralement la sueur des pores de ma peau !

Je finis par arriver dans cette forêt, c’est en pente et merdique pour se poser. A la sortie pourtant pas question de ne pas m’arrêter. Je me pose un peu comme je peux.
Je paramètre mon réveil sur une demi-heure je crois. Je sombre 20-25 minutes.

Maintenant faut profiter de ce petit regain de forme et avancer. Je prends un gel en repartant.
Je gère ma flotte.

Passage à Bocca di Laparo. On bascule du bon côté de la montagne, à l’abri du soleil.

J’ai resserré tous les boulons, l’esprit a pris les commandes, ne rien lâcher, avancer, gérer, ne pas se poser de questions.

Je finis par déboucher à Bocca di PuntaMozza. Je suis loin d’être arrivé à Usciolu !

Mais les crêtes sont incroyablement belles. Le soleils baissent à l’horizon. C’est à la fois dément et totalement épuisant. Le terrain est farceur, tu montes, descend, contourne, escalade d’un côté, de l’autre…

2022 07 20 Terre des Dieux (Terra Di i Dii)
2022 07 20 Terre des Dieux (Terra Di i Dii)

La progression se fait lentement, doucement. Je suis clairement en manque d’eau, mais je gère. Pas le choix !

La descente finale sur Usciolu se présente enfin… La vache ça ne s’est pas fait tout seul !!!!!

J’arrive sur le refuge, et j’entends de la musique corse.
C’est absolument génial. Je garde tellement un souvenir fort, en 2000 d’arriver sur ce refuge avec mon gros sac et d’entendre I Muvrini chanter !

Je m’affale en arrivant au ravito. Le bénévole me remplit une première flask avec un peu de menthe. Je me l’enfile. Une deuxième. Une troisième. Voilà les niveaux sont un peu refait !
Mais j’ai vraiment tiré sur la corde et frisé la correctionnelle !

Prendre le temps, boire, manger, discuter… et quitter ce moment de paix.

Maintenant c’est Matalza qui m’attend. Et Céline et Lola. Et la dernière base de vie !

Papa, où es-tu?

Papa, où es-tu?

Je remonte sur les crêtes. Et là on recommence jouer sur les arêtes. C’est toujours aussi beau. Voire même plus avec le soleil encore plus bas sur l’horizon… Mais ça joue avec moi, avec ma fatigue, mon envie d’avancer efficacement… mais c’est le jeu !

Puis c’est la bascule sur la descente vers ce grand plateau à traverser. Je vois des phares de voitures, immensément loin là-bas au fond. Je ne peux pas imaginer que c’est là-bas au fond… même si je sais bien que c’est là que l’on doit aller!

Avancer , trottiner, caler par moment, relancer, recaler…
J’ai des hallucinations : des rochers se transforment en véhicules, les végétaux en personnes… Ça avait déjà attaqué la nuit précédente, mais ça reste épuisant.

Le temps déroule lentement, c’est long, très long. Le kilométrage annoncé est une nouvelle fois dans les choux. Le timing annoncé à Céline depuis les crêtes au-dessus Usciolu dérape.
Et je dois allumer la frontale.
Et je débouche aux Bergeries de Bassetta en croyant être parvenu à Matalza ! Coup au moral !

Je n’arrive pas à relancer, je fais ce qu’il reste jusqu’au refuge en marchant.

Matalza enfin.
Dernière base de vie.
Céline et Lola.

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L’ambiance est une nouvelle fois tellement réconfortante.
S’habiller un peu quand même car il commence à faire frais. Le Tshirt manche longue, la veste.
- Du poulet avec des pommes de terre ? Oui merci
- Tu le voudrais chaud ? Oui avec plaisir
Miam, un régal, une tuerie… Le ventre ne se pose aucune question et engloutit l’assiette avec un réel plaisir.

Un gars se pointe pour discuter avec moi. Je reconnais Guillaume Peretti. Echange hyper sympa. Je me permets de lui dire, modestement, avec mon ressenti aujourd’hui, combien je comprends, dans un reportage que j’avais vu sur son record du Gr20, quand il disait que si son record était battu, il n’y retournerait pas.

A ce moment–là, clairement pour moi, l’envie de finir cette course réside aussi dans le fait de la boucler pour ne pas avoir à y revenir !

Céline et Lola me dorlotent et c’est tellement précieux à ce moment-là.

Par contre, je préfère ne toucher à rien. Équipements, chaussures, chaussettes … Tout tient, les réglages sont bons, ne changeons rien !

De nouveau rien ne sert de s’éterniser non plus, le final se présente à moi maintenant, une troisième nuit aussi !

Je me lève, immense merci aux bénévoles, et je repars accompagner de mes amours.

Le redémarrage est très dur. Je me suis bien refroidis ! Et une coulée d’air frais nous accueille sur le chemin. J’enfile gants et bonnets, et ferme toutes les écoutilles !

Lola et Céline me quittent. Rendez-vous à l’hippodrome de Viseo maintenant !!!

Bon j’ai trouvé cette portion tellement languissante, je ne comprends rien où je suis, vers où je me dirige, si je vois des frontales ou pas et dans quelle direction. J’ai l’impression de zigzaguer dans la plaine sans avancer.  De croiser, puis recroiser des routes ou des chemins. C’est roulant par rapport à tout ce que l’on a traversé, mais je n’y suis plus vraiment. Je suis vraiment en mode pilote automatique.
C’est dur de s’accrocher.
Enfin on commence à monter. Non, puis si.
Je crois me souvenir que je me pose de nouveau une dizaine de minutes. Mais je ne suis plus très sûr.

L’ascension se fait facilement en fait, et je finis enfin par déboucher à Bocca Stazzunara. Dommage on ne passe pas au Monte Incudine… Mais à ce moment-là je ne le regrette pas !

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Descente sur Asinau. Tout le monde a bien averti que c’était encore une bien belle descente qui nous attend, à ne surtout pas mésestimer ! Ça correspond à mes souvenirs. Mais mes souvenirs sont liées aussi à une descente faite avec plein d’énergie en me régalant.
Bon là en pleine nuit, un peu entamé, je subie beaucoup plus !!!
Quelle belle sal….ie !

Dans la descente, je vois une frontale bien à droite en dessous de moi.
Et une autre qui remonte vers moi ? Qui me crie de bien rester sur le GR.
Je lui répond que j’y suis.
On finit par se croiser. C’est un bénévole d’Asinau qui remonte car la frontale en dessous est un gars qui est sorti des traces et qui est bien trop bas. Et c’est la merde pour remonter maintenant.
Je demande si je reste avec lui si besoin, mais il me dit de filer. A juste titre je pense, car je suis quand même bien entamé !
A Bavella, j’apprendrais qu’un secours en hélicoptère a été déclenché à Asinau dans la nuit. J’ai un fort doute que ce soit pour cette situation.

Je finis par arriver à Asinau.
Ça commence à sentir bon !
Je recharge correctement mais ne traine pas trop.

De nouveau jusqu’à Bavella, mes souvenirs ont bien déformé la réalité ! Je crois me souvenir d’un début technique pour arriver à un chemin assez roulant à partir de l’intersection de la variante alpine.
C’est absolument pas du tout ça. C’est une descente encore bien technique, parsemé de petit coup de culs bien sympa et sans fin qui m’attend en fait.
Je fais la première partie dans l’énergie du ravito et de mes souvenirs avant de basculer en mode je lâche rien, puis de ne plus rien y comprendre et commencer à subir.
Je préfère, après une pause technique, faire un pause dodo de nouveau d’une dizaine de minutes pour recharger un peu les batteries.

Peu de temps après ma pause je finis par contourner le pied des aiguilles, et aborder le cheminement plus « cool » qui nous remonte au Col de Bavella. Et le jour s’est levé !

Dans cette remontée, je me laisse envahir par quelques émotions. Quel plaisir !

Dernier ravito. Je me pose quand même, profite du dernier fauteuil. Grignote un peu, recharge les flasks.

Et c’est repartir pour la dernière étape finale. J’appelle Céline en repartant. Ne pas se rater à l’arrivée. Etre ensemble !

Du mal à croire que le terrain va vraiment nous laisser tranquille cette fois, comme annoncé. Mais effectivement il n’y aura plus rien par rapport à tout ce qui a été traversé précédemment !

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2 kilomètres de légère montée, puis c’est la bascule dans une descente en sous-bois. C’est un peu long évidemment. Mais la montre finit par bipper que l’arrivée est toute proche.

Je contourne l’hippodrome, puis finit par rentrer sur le parking, puis arrive près de la piste. Céline et Lola s’éjectent de la voiture e et courent vers l’arche d’arrivée.

Je cours aussi en direction de l’arche sur la piste de l’hippodrome.

Je franchis la ligne.

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Lola escalade une barrière et se jette dans mes bras.

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Céline nous rejoints.

Ces moments devraient durer une éternité, ou deux…

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Fred Raffaelli m’accueille. Nous accueille.
Jean Christophe Paoli également.
Sous l’objectif de Maï Gandolfi Cazes.
Ainsi que leur sourire et leur chaleur.

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Une nouvelle fois tellement de bienveillance. Un réel échange.
J’ai tellement envie, besoin d’exprimer mes émotions et sentiments vécus sur cette aventure. Et ils sont là, attentifs, sensibles à nos ressentis…

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Cette émotion, cette bienveillance va continuer tout le long de notre présence sur cet hippodrome.

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Je croise Renaud Rouanet deuxième de l’épreuve dans les douches. Il me parle, je lui parle comme deux personnes ayant vraiment vécu la même aventure.

Je croise également Philippe avec son pacer avant qu’ils ne partent.

Thé, canistrelli en attendant de me faire masser.
Massage sous le stand Noi comme jamais auparavant (Fred Raffaelli a même insisté que Céline aurait pu également se faire masser).
Echange encore hyper riche avec Laurent Manenti, le créateur de Noi.

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Puis on va manger sous les arbres. Plats de pâtes avec sauce aux sangliers, ratatouille maison, fromage, fruits…

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Puis café en discutant avec « ma » kiné.

Croisé Cyril Giuntini, toujours le sourire, échangé quelques mots avec Pierre Layachi.

Coucou aux suiveuses de Rémi qui attendent son arrivée qui est prévu d’ici une heure.

Difficile de s’arracher à cette ambiance. Pourtant, on a bien profité, Céline et Lola ont vécu une sacrée aventure, et il est le temps qu’on se retrouve un peu tous les 3.

12eme /23 arrivées – 93 inscrits
61H35 :44

Se poser dans notre location à Zonza, aller tremper les jambes à la rivière, boire une Pietra et manger un burger dans le village le soir.

Le lendemain descendre à Bastia pour la remise des prix.

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Retrouver cette ambiance, et toutes ses personnes avec un réel plaisir.
Boire une Pietra.
Ecouter So Elli encore une fois
Pouvoir dire à la présidente de l’association Mantinum, Marylou Valery, tout le ressenti et le vécu éprouvé sur cette course.

L’impression de quitter une famille.

Quitter tout ça pour profiter de notre séjour Corse en famille.

 

Un voyage, une aventure, une histoire à part.
Une immense parenthèse mentale de 61H35.
Un état de symbiose, de totale adéquation mentale et physique …
Voilà ce qu’a été pour moi cette course.

Un mouvement, un vide personnel…

Dès le départ, je n’ai plus penser à la course proprement dite. Peu importait pour moi l’« environnement concurrentiel ». Je ne m’en suis jamais préoccupé. Comme jamais d’ailleurs.
Juste savoir, juste me focaliser sur le fait que je voulais rejoindre l’arrivée.
Ne s’occuper que de moi, de Céline et Lola.
Vivre cette histoire, la faire mienne, la faire notre, et la mener au bout.

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La vidéo officielle

 


2, 3 choses complémentaires à noter.
Est-ce que c’est spécifique à cette course ou simplement une évolution/changement de ma part ? Je ne sais pas encore.

  • Sur l’utilisation du téléphone. Je ne m’en suis quasiment pas servi.
    J’avais pris l’habitude sur mes derniers Ultra de créer un groupe Whatsapp. J’y trouvais un énorme bienfait d’avoir un soutien fort de ma famille et de mes proches.
    Pas eu envie de relancer ça ce coup-là.
    Impression de lasser les gens, pas envie de les souler avec mes courses.
    J’ai échangé quelques messages avec ma famille et quelques potes en direct qui s’étaient manifestés. Mais pas beaucoup.
    Il faut dire aussi que le terrain ne s’y prêtait pas du tout ! Il demande tellement d’être concentré qu’il est impossible d’utiliser le tel en avançant !
     
  • Pas de musique
    Pas le temps. Pas l’envie. Pas le besoin.
    Je sais que j’ai cette possibilité. Mais là pas eu besoin ou envie de me couper de ce que je vivais. Au contraire !
    C’était un peu le cas déjà d’ailleurs sur la SP l’an dernier, où j’avais très peu écouté la musique.
  • Loup solitaire
    Je reste un indécrottable solitaire sur ce type d'épreuve. Pour 2 choses je pense:
    1 - Je ne veux pas être tributaire de la course de quelqu'un d'autres. Et je ne veux pas que quelqu'un le soit de la mienne.
    Ça n'empêche que j'adorerais faire le duo de l'EB avec mon Jean... Mais ce sera quelque chose de choisi/décidé avant la course.

    2 - Et surtout, je crois que je recherche profondément ça. Cette solitude dans l'effort, cet état d'esprit, cette mysticitée, cet apesanteur, cet état de conscience tellement différent.

 

Et un petit point matériel :

  • Les baskets. Voilà la 4eme saison que je cours avec des Hierro V4. J’ai tellement trouvé là ma paire de basket ! Elles font de nouveau immensément leur preuve sur ce GR !
    Utilisé 2 paires. Une jusqu’à Verghju, puis la deuxième jusqu’à l’arrivée.
    Attention une petite ampoule sous le pouce du pied droit. L’impression que ça a été dû + aux chaussettes, ou à un laçage un peu lâche au départ.
    Même Jean Christophe Paoli se penchera sur mes chaussures à l’arrivée, car elles arrivent en super état !
     
  • Le sac à dos
    Ce sera finalement le 12L, acheté cette année.
    Hésitation avec le 8L le mardi en préparant mes affaires avant la course.
    Normalement c’était le 8L qui était partant. Mais en re-testant le carquois, je me rends compte qu’il est mal positionné, qu’il me broie l’épaule, et qu’il déséquilibre complétement le sac.
    Je teste sur le 12L : idem !
    Mince. En fait, voilà 2 ans que j’utilise le carquois sur mon DKT pour la SP (ou la Haute Route de Belledonne), mais c’est moi qui avait positionné/cousu les attaches. Donc c’était nickel.
    Là les attaches d’origines ne vont pas du tout.
    Petite panique… Je ne me vois pas me passer des bâtons sur ce chantier-là !
    Heureusement je me souviens que le 12 L avait plusieurs possibilités de port des bâtons. J’opterais pour la fixation par élastiques sous le sac à l’arrière (cf photo) qui fonctionnera super bien ! - Avec un départ les bâtons dans le sac.
    Principe que du coup je pense même adopter pour l’UTMB !
     
  • Tshirts
    - Le bleu Mizuno qui commence à être mon Tshirt de départ usuel je crois.
    - Le SP 2020. Tellement confortable à porter. Mais j’ai eu presque peur à un moment qu’il me mette la pression. Se la « jouer » je porte un Tshirt d’un 360.
    - Le Terre des Dieux… immédiatement un classique… immédiatement un immense souvenir lié à ce Tshirt !
     
  • Le reste, que du classique éprouvé.
    Mais, je le répète souvent, c’est un vrai plaisir d’être bien dans son matos, de se sentir à l’aise, optimisé.
    Short, Lunette, frontale, casquette … !

 

Et pour finir l’alimentation, même si j’en ai bien parler direct dans le CR.

  • Une chose se dégage fortement : avec un apport correct et approprié sur les ravitos, je n’ai pas vraiment besoin de m’alimenter en courant.
    C’est différent de mes trips plusieurs jours en montagne, où je peux manger en « courant » (ou plutôt en adaptant l’intensité de mon effort à ce que je mange, ou en m’arrêtant carrément), ce que je ne fais pas en course.
    Donc je pense que je vais moins me focaliser sur une prise alimentaire en courant, me concentrer sur le fait de manger toujours quelque chose aux ravitos et n’embarquer sur moi que du « au cas où » (2 gels + 1 paquet Haribo + 1 grosse barre d’apport par exemple).
    Je me rends compte qu’en fait c’est ce qu’il se passe sur les Ultra. Je mange toujours très peu de ce que j’embarque sur moi.
    Mais c’est la première fois que je m’en rends compte autant et que je le verbalise !
     
  • L’hydratation
    Idem j’en ai bien parlé dans mon CR.
    De nouveau cette année plus le goût pour une boisson pour l’effort.
    Je repars sur ce que j’ai découvert l’an dernier et qui a super bien marché : un morceau de sucre dans une flask. Simple, efficace, digeste.
    Avec en +, et optimum sur Terre des Dieux, du sirop de menthe sur chaque ravito (A bien doser en fonction de la chaleur).

Rédigé par Philippe PL

Publié dans #LES COMPETS

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M
Et voilà je viens encore de le relire...et comme toujours tu nous transporte au coeur de ton ressenti sur cette course qui semble un peu hors norme d'ou mon impatience à te lire.<br /> Que d'efforts et émotion as tu vecu mais quelle récompense et accomplissement . <br /> Beaucoup de reconnaissance aussi à tes suiveuses. <br /> J'aime tes comptes rendus ❤️<br /> Bisous 😘
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Y
Je viens de terminer ton récit... Encore touché en plein cœur par tes lignes! T'es un sacré bonhomme et pas que sportivement parlant 😉
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