2020 05 31 Maxi-Off Solo

Publié le 17 Juillet 2020

Maxi-Off qu'est-ce?

En fait ça reprend l'intitulé de la MaxiRace, course faisant le tour du Lac d'Annecy par les sommets, ayant succédé/repris l'Annécîmes qui avait vu le jour en 2007, il me semble.

Et pourquoi en off?

Pleins de raisons!

Une déjà parce qu'on s'est bien chauffé cet hiver (en particulier avec le Romain) sur la réalisation de ce tour (même si je vais m'y lancer seul dessus... mais j'espère bien partagé ça un jour avec lui et les autres).

Parce que j'ai mine de rien participé à "pleins" de courses de la Maxi (2 Marathon Race (1/2 tours du Lac), 2 XL Race (tour du lac en 2 étapes), 1 short Race (traversée du Veyrier)) mais sans jamais faire le tour complet.
Mais que je ne me sens pas intéressé par ce parcours avec un dossard.

Mais que le parcours a une super logique en habitant à Annecy.

Du coup ce tour venait prendre place au sein d'une semaine de congé, où je comptais reproduire un bloc du type du tour du Mont Blanc de l'été dernier dans ces mensurations.
Le tour du Lac étant la première étape de ce triptyque.

Bon elle vient aussi s'enchaîner avec une "reprise" post-confinement où l'envie a un peu enflé les sorties.

On verra.

Les mensurations sont autour des 73 bornes et légèrement en dessous des 5000. C'est ce qui va parfaitement en sortir.

Pour le parcours, j'ai retaillé à ma sauce pour éviter tout ce qui me semble inutile (le détour par Menthon St Bernard par ex), j'ai taillé au plus droit, au plus logique (descente du Roc de Lancrenaz par les col des Frettes) mais ça reste proche d'une Maxi.

 

Départ dimanche matin avec un levée vers les 3H00 du mat'.
Mais je n'arrive pas être efficace. Ni à la maison, ni une fois arrivé en vélo au petit port à Annecy le Vieux.
Cadenas pété au moment d'attacher le vélo. Montre à synchroniser pour pouvoir lancer le parcours. Bref je démarre au final à 04h40...

 

2020 05 31 Maxi-Off Solo

Bon au programme, "traversée" de la ville jusqu'à la Visitation pour éviter d'avoir le plat de cette traversée au final en rentrant ce soir.
Au début du sentier, le point d'eau ne fonctionne pas... Heureusement que je ne comptais pas sur lui.
Puis j'attaque enfin les pentes du Semnoz.

Très vite dans ma bulle. Un peu énervé de voir le jour déjà bien levé.

Je retrouve les sensations de mon départ de l'OTMB l'an dernier. En suis-je capable en solo comme ça? Et puis n'est-ce pas absolument trop prématuré si tôt, en plus avec le confinement et le peu de bornes courus? D'autant plus que je sens les guibolles encore fatigués de la sortie au Pecloz avec mon Jean le jeudi soir précédent!

On verra bien!

Fin du chemin du Périmètre. Le jour est déjà bien là. La frontale reste sur mon front et sera rangé plus haut, elle me sert encore sur les parties ombragées encore bien dans la pénombre.

Dans le secteur de la jonction entre la route d'Annecy et celle de Quintal, une rave doit battre son plein. Pas besoin de musique sur les oreilles!

Je finis par rejoindre les pistes de fond, puis c'est le sommet. 2H40 pour arriver là je crois.
Je me pose cinq minutes admirer la vue et manger un snickers.

 

2020 05 31 Maxi-Off Solo
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Puis faut repartir, je me mets en mode descente. Je sais qu'il ne faut pas que je force trop. C'est en descente que je souffre le plus à cette reprise, donc il ne faut pas martyriser les cuissots.

Dans la descente, je sens une douleur pointée le bout de son nez dans le releveur de la jambe gauche. Bon je ne m'affole pas, je me dis qu'en ne pas forçant ça va chauffé tranquillement.

J’arrive à Leschaux, la descente a été plaisante, en sous-bois, pas trop dure. Je traverse Leschaux, arrive au col, me prépare à me ravitailler à la fontaine situé juste au Col. Inaccessible. Elle est dans une copro, et une affichette explique que la copro a été obligé de condamner l’accès à la fontaine en raison de l’incivilité de certains.

Bon bien dommage pour les gens « normaux », mais en même temps tellement compréhensible. Heureusement je suis parti avec 2L et il me reste de quoi aller à la Chapelle Saint Maurice où je suis persuadé (et il vaudrait mieux d’ailleurs) de trouver une fontaine (si mes souvenirs sont exacts !)

Bon par contre je rejoins La chapelle par la route… et c’est donc un peu long.

Mais c’est le matin, le moral est bon, tout va bien.

Je finis donc par tomber sur la fontaine, fait le plein, me réhydrate un peu, jette des déchets dans une poubelle, mange un bout. Ce petit arrêt me fait du bien après cette partie bien bitume.

Je redémarre. Cette portion, je l’ai tracée en me basant sur le parcours du Trail de la Cochette… Bon en fait je ne vais quasi rien reconnaitre. Je passe même à travers champ droit dans la pente par deux fois.

Puis je tombe enfin sur un chemin, puis alternance sentier, route forestière… Puis je me plante malgré la montre et me retrouve sur les crêtes, vendange un peu dans un sens, dans l’autre… Bon je décide de redescendre ! Fallait en fait continuer un peu plus sur la route forestière pour finir par tomber sur le sentier montant au Col de la Cochette.

Cette portion a été assez longue, m’a coûté un peu de jus avec mon aller/retour, et était pas hyper intéressante. Et j’ai l’impression d’y avoir passer beaucoup de temps sans être encore au Col.

L’ascension du Col sur un sentier est par contre agréable et passe tranquillement.

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Je grignote un peu, puis bascule dans la descente. Bon quelque chose ne tourne pas rond dans mon tibia gauche. Une douleur est là, un semblant de releveur qui se contracte, mais plus localisé en un seul point.

J’adapte peut-être un peu ma foulée, mais ça ne m’handicape pas encore vraiment, je ne force rien, et j’arrive à tracer.

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Je finis la descente et m’arrête tout de suite à la première fontaine à Lathuile. L’eau n’est pas surveillée. Je fais le plein mais utilise par sécurité des pastilles Hydropur.

Je redémarre et suit la route un moment. Bon ma foulée reste un peu handicapée.

Je passe à Doussard devant le camping où Lola a passé deux bouts d’été avec ses grands-parents d’Avignon.

2020 05 31 Maxi-Off Solo

Bon rien à vraiment raconter jusqu’au pied de la montée du Col de la Forclaz, à Verthier. Sur cette partie de jonction sur bitume, je ferme les écoutilles, baisse la tête, prend une foulée économique et attends que ça passe.

Le retour sur un sentier fait du bien, même si au pied de cette montée j’éprouve un fort besoin de manger. Faut dire qu’il est midi.

J’attaque cette montée d’un bon rythme il me semble, je sens à un moment que ce serait pas idiot de baisser un poil, mais bon tout va bien, alors je continue. Et puis j’ai eu confirmation que Céline et Lola seront là au col pour une distribution de bisous !!

Bon ce col ne se laisse pas faire tout seul, ça monte bien, c’est régulier, le chemin est agréable… mais y a pas un escalator non plus !

Mais je finis par y arriver, et je chope mes bisous !

Et un rapide pique-nique à 3 !

Ou je mange une moitié de sandwich, et garde l’autre dans le sac. Pleins des flasks (du coup je ne vérifie pas si le robinet est en service ou pas). Ce sandwich me sauve un peu le bide mine de rien. J’avais pris beaucoup de sucré et je commençais à saturer.

Hop je repars, direction l’aire d’envol. Je redémarre vraiment tranquille puisque je me fais même doubler par un parapentiste.

Je passe l’aire d’envol, et me retrouve un peu plus seul, même si la fréquentation est plus importante à cette heure et de ce côté du lac, me semble-t-il.

J’aime bien tout ce cheminement jusqu’à arriver à la route du chalet de l’Aup.

Au chalet, pas d’arrêt, du monde, pas mal de voitures sur le parking… Je file vers le col des Nantets. La douleur au tibia gauche est par contre de nouveau bien là.

J’attaque la « montée » au roc de Lancrenaz, tranquillou, je cherche juste à maintenir mon rythme.

Par contre arrivée en haut, je ressens le besoin de me poser un peu. J’étire le releveur, et mange la fin de mon sandwich. Chouette moment sans pression, avec vue sur le Lac.

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Allez, il m’attend aussi un joli point de vue au col suivant.

J’adore ce cheminement dans ce vallon suspendu.

Remontée au Col des Frettes. Je profite de la vue mais ne me pose pas.

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J’attaque la descente avec un peu d’appréhension. C’est que c’est raide sur la première partie. J’essaie de ne pas forcer sur la douleur, d’être souple.

Mais c’est couillon, je commence à vraiment moins profiter, et à plus gérer, surveiller la douleur.

Mais je file, loupe un bifurq, (normal dans la forêt au-dessus de Bluffy, je ne me suis jamais pas trompé), passe Planfay, fait un A/R d’hésitation sur une portion, et enfin c’est la descente à Bluffy.

Mince la fontaine est fermée. Je vais au cimetière et ne trouve pas de robinet. Je vais interroger un gars qui travaille dans sa maison. Il me dit qu’il y a bien une fontaine au cimetière, mince j’aurais espéré qu’il me file tout simplement de l’eau. Je retourne au cimetière, je finis par trouver le robinet … qui a été sécurisé... Bon ça me gonfle ça fait 10 minutes que je tourne en rond… Je mise tout sur le souvenir que j’ai d’une fontaine dans les dernières maisons du début de la montée au Baret.

 

Je file dans Bluffy, puis traverse un « quartier » que je ne connaissais pas. Purée les maisons, dont une particulièrement, sont superbes. Je traverse la route du col, monte dans les maisons. Des gens dans un jardin sur une terrasse, je ne pourrais pas faire le Veyrier sans faire le plein, je leur demande de me confirmer si il y a bien une fontaine un peu plus loin ? Oui, Oui. Ouf. Sauvé.

Je finis par arriver à la fontaine. Deux dames discutent sur un banc en face. Très gentiment une des dames me proposent de me remplir mes flasks plutôt que m’embêter avec le filet d’eau. Je la remercie, lui dit que je veux pas embêter, ne veut pas lui donner directement mes flasks (période Covid oblige), du coup elle va me chercher une bouteille d’eau. On discute un peu, moment très agréable, doux, apaisant.

Je repars, la douleur est maintenant constamment présente. Mais je ne me coupe pas du plaisir d’être là.

Je profite de cette dernière montée pour sortir la musique. En fait elle se passe bien. Sans pression de chrono, juste progresser, les choses sont plus agréables, moins âpres, le plaisir est beaucoup plus accessible, le temps plus léger.

Je finis par atteindre le Mont Baret. A ce moment il ne me reste plus vraiment grand-chose, et dans un terrain connu et mille fois reconnu.

Bon la descente se fait à l’économie, en économisant au max la jambe gauche.

Col des contrebandiers… La barre des 5000 m de dénivelé est atteignable aujourd’hui mais il va me falloir rallonger un poil la sauce !

Je ne file donc pas direct vers l’ancien téléphérique, mais redescend un poil pour faire un léger détour qui rajoute une centaine de mètre.

Je finis par retomber sur le sentier final jusqu’à l’ancien téléphérique. Pas vraiment d’arrêt, il y a un peu de monde, les crêtes du Veyrier, puis le Baron (une photo quand même c’est la tradition, et un regard sur le parcours du jour),

2020 05 31 Maxi-Off Solo

puis le Veyrier, Col des Sauts, Pré Vernet.

Je fais quelques aller-retour dans la descente, histoire d’atteindre la barre des 5000, même si la jambe couine… Mais ça ne changera plus grand-chose.

Sentier final, je débouche face aux pontons, du monde.

J’aime bien ce décalage en fait entre ce qui a été fait, de la petite fierté que l’on a, du petit nuage sur lequel on est et de la normalité de la soirée dont les gens profitent.

J’arrête le chrono.

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15h22, 73,7 km et 5000 m de D+

Jolie ballade, bien belle journée en montagne.

Heureux d’avoir bouclé ce parcours. Je ne le ferais sûrement jamais en course (trop de monde, très roulant, des passages de jonction un peu longuet, trop « connu », …), mais vraiment satisfait, heureux même, de l’avoir réalisé ainsi.

Et puis en tant qu’« Annécien » d’adoption, quand maintenant on me posera la question si j’ai déjà fait la maxi-race, je pourrais répondre oui … et ne plus voir dans le regard de mon interlocuteur comme une impression de commisération.

Je viens de dire que je ne ferais pas ce parcours en course, mais je reste prêt à le refaire un jour pour accompagner un pote. Car ce parcours a une certaine logique, il a du sens, du cœur pour qui habite à Annecy.

Une nouvelle fois, j’ai été immensément impressionné au début de cette journée. Avec rien de trop dans les pattes avec le confinement et mon hiver bien bizarre, qu’est-ce que je croyais ?

Mais le concept est génial : un short, des baskets, un sac à dos, un sandwich…

Et je crois vraiment que j’adore cet état dans lequel on se met sur des efforts de ce gabarit-là. C’est ce que j’aime, ce que je recherche.

Je ne force pas mon corps, le but n’est pas d’aller vite, de s’obliger… Le but est de faire durer, de trouver l’équilibre d’une force, de la maintenir comme une flamme, l’aviver, la protéger…

Il y a une idée de fluidité de l’effort, de souplesse du mouvement, …

Un état d’esprit… Je parlais de transe à la fin du Grand Raid, je retrouve vraiment un peu ça !

 

Dommage que ce bilan semble-t-il idyllique ne le soit pas autant malgré tout. Le soir le tibia sera rouge, très douloureux au touché… A tel point que je pense sincèrement à une cause autre que musculaires ou tendiniteux. Je pense en fait à une piqure.

Du coup je me fais une magnifique sortie en vélo le lendemain, je ne ressens aucune gêne en pédalant, mais dès que je pose le pied par terre rien ne va plus.

Bon le surlendemain de mon tour du lac, le toubib confirmera un problème musculaire, tendiniteux … Fin de mes envies sur ma semaine de congé. Il me faudra près de 15 jours de repos pour voir la douleur disparaitre et pouvoir réattaquer par du vélo.

 

Mais bon it’s done !

Rédigé par Philippe PL

Publié dans #LES COMPETS

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